Le cockpit d'un "branleur de manche"

12 juillet 2011

Convivialité

Assez souvent ici ou là, au détour de quelque conversation mondaine, on peut entendre le « vulgum pecus » (évidemment d'un certain âge) déplorer ce qu'il a tendance à appeler : « l'effet détestable » de toutes ces nouvelles technologies personnelles de communication sur les antiques pratiques de socialisation. Pêle-mêle, on peut entendre : «…aujourd'hui, les gens passent de plus en plus de temps derrière leur écran..., ils ne se parlent plus que par écrans interposés…».

Pour ma part, j’aurais tendance à croire qu’il ne faut pas voir cela comme quelque chose de néfaste pour les relations humaines. Ce ne sont seulement que de nouvelles possibilités en plus et non pas à la place de. Des choses dont les gens ont un réel besoin, sinon ils ne les utiliseraient pas massivement, des  choses qui viendraient augmenter les possibilités de dialogue, d'échanges, de rencontres même…

La convivialité comme ils disent, elle n’avait pas besoin de ces technologies de la communication pour en prendre un sacré coup. Dans ce pays, les gens sont en général plutôt « frileux », ils se méfient de l'autre, de leur voisin, surtout si celui-ci leur sourit (à ce titre je pourrais développer au moins deux anecdotes de voisinage autour de mon arrivée de « parisien » à Gallardon (Eure & Loir)... A cette époque j’étais de « ces étrangers qui achètent nos maisons » et dont il faut se méfier surtout s’ils viennent vers vous car « c’est certainement pour vous prendre quelque chose d’autre »…

En France, partout (j’ai expérimenté le bassin parisien, mais aussi le Sud-ouest, le pays basque…), les gens ne sont pas très accueillants de prime abord ; certainement pas comme le passant peut être accueilli par exemple en orient, au Liban, au Maroc, ou encore au Canada francophone…

A propos de convivialité, je me souviens d'une brève escale à Gibraltar, au retour d'un périple de tourisme aérien au Maroc, afin d'y passer le réveillon du premier de l'an. Alors que nous déambulions dans les rues, sans autre but que de découvrir cette cité pour le moins exotique, nous avons été invité plusieurs fois à entrer dans les maisons, comme ça, sans façons, en toute cordialité, en toute amitié internationaliste je dirai... Je garde de ce moment, de tous ces "anglo-hispaniques" attachants, un souvenir plus qu'ému...

La « convivialité » comme les gens le disent ici ne s’exerce en général que pour un tout petit cercle assez restreint de proches, d’amis ; c’est ce que j’ai pu constater en général... Sauf si on est quelqu’un d’exceptionnel, d’exotique - un peu comme le turc des Lettres persanes de Montesquieu. Je m’explique : Cela fait 40ans au bas mot, que je me pose « aux vaches », dans un champ avec un planeur, un peu partout en France, et qu’ensuite je suis tributaire de la venue tardive de mes « dépanneurs »… Donc je dispose de pas mal de temps d’attente que je consacre volontiers à l’exploration de l’environnement géographique, mais aussi humain. En général des gens viennent voir surtout le planeur, parfois en nombre. Les urbains ont tendance à ignorer totalement le pilote, les ruraux aussi, sauf si celui-ci va volontiers vers eux (c’est mon cas, car j’ai toujours le cœur d’un géographe de terrain) ;  j’invite les enfants à s’installer au poste de pilotage pour voir (éventuel éveil de vocation) et, de fil en aiguille, l’extra-terrestre que je suis alors s’humanise aux yeux de mes interlocuteurs, et je suis invité à partager une boisson, un repas, voire même à dormir chez les gens. Chez les agriculteurs, je peux visiter l’exploitation, participer à la traite des vaches, ou même à monter sur la moissonneuse-batteuse en activité...  Ça m’est arrivé, assez souvent, un peu partout, en Champagne, dans le Perche, près de Chatelleraux, du côté de Loué, du Mans et même dans les Pyrénées espagnoles (en montagne) ; mais seulement en tant qu’extra-terrestre tombé du ciel…

Je crois vraiment, cela depuis bien longtemps, que la supposée convivialité dont les uns ou les autres se gargarisent volontiers, l’ouverture à l’autre dans cette société, n’est qu’un mythe purement rhétorique, une illusion qui cache la réalité d’un monde microcosmique méfiant et replié sur une sorte d’entre-soi très homogène.

Posté par cockpit à 15:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


10 juillet 2011

Les sensations du vol en planeur

t_bord10

 

 

Chaque fois qu'il m'est donné de discuter de mon activité de pilote de planeur avec un néophyte, tôt ou tard surviennent toujours les mêmes sempiternelles questions   : à savoir quelles sont les «sensations» (sous-entendu d'extraordinaire nirvana) que le pilote éprouve en immersion dans ce si merveilleux vol silencieux.

Et, au plus grand étonnement de mon interlocuteur, je me dois de détruire toutes les illusions que celui-ci peut avoir sur le sujet. A commencer par celle d’un vol silencieux car l'ambiance sonore d'un cockpit de planeur moderne est plus que bruyante avec le chuintement continu des filets d'air autour de la verrière et du fuselage, les bip-bip graves ou aigus de cet indispensable compagnon d'ascension qu'est le variomètre électronique, la cacophonie des communications-radio souvent oiseuses et inutiles des autres vélivoles qui ont de plus en plus tendance à considérer cet outil comme un  téléphone personnel.

Quant aux autres supposées «  sensations  » physiologiques qui font toujours le ravissement du «baptisé de l'air  » - ou au contraire son écœurement définitif au sens propre : elles sont liées à une sensibilité extrême des « capteurs» de l'oreille interne du «  terrien  » habitué à se déplacer dans seulement deux dimensions.

Pour ma part, les vols réels (ou virtuels) ne me procurent plus de « sensations » - je crois que je ne suis pas vraiment un sensuel et encore moins un romantique… D’une manière ou d’une autre, c’est toujours dans la tête que je vole ; je crois être ce que certains appellent un pur « mécaniste », un « cérébral »...! Je plaisante bien sûr !

 

Plus sérieusement, quand on a plusieurs milliers d’heures de vol, l'accoutumence aux divers mouvements de l'engin fait qu'on ne ressent plus grand-chose de tous ces présumés effets du vol (accélérations, vertiges...), mise à part l’éventuel coup-de-soleil quand il y en a trop et pas assez d’ombre de nuages, ou parfois, au printemps ou en montagne (à 3 ou 4000m), quand on vole trop longtemps aux alentours de l’altitude de l’isotherme zéro degré, on peut éprouver une prosaïque mais furieuse envie de « pisser »… C’est à peu près tout ce que je peux ressentir, physiologiquement bien sûr.

 

En réalité, qu’il soit virtuel (logiciel Condor) ou réel, un vol en planeur moderne c’est très technique et cela procure constamment une « charge de travail » mental assez importante  : il faut observer les conditions aérologiques qui évoluent sans cesse, prendre des décisions toutes les 2 minutes environ en ce qui concerne la navigation (choix de ce que l’on appelle un bon cheminement), décider quand on doit prendre, ne pas prendre ou quitter une ascendance, faire et analyser des calculs de vitesse (ascendante ou sur trajectoire), de finesse, de distances pour déterminer si « ça passe » ou pas, respecter enfin la réglementation des espaces aériens traversés (dans les 3 dimensions)…  Souvent on a à peine le temps d’admirer le paysage au sens ou les terriens ordinaires l’entendent. On le voit bien, en vérité c’est une activité mentale intense, de « dingue » en quelque sorte ; d’ailleurs, selon moi, c’est pour cela que notre recrutement a toujours été des plus limité.

 

Posté par cockpit à 14:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

21 septembre 2010

« Patrimoine » aéronautique !

Samedi dernier, c'était les « journées du  patrimoine », partout en France et même en Europe parait-il. Aussi, je me suis mis en tête d'aller visiter les fameuses réserves du Musée de l'Air du Bourget (celles de Dugny) supposées contenir de précieux trésors de technologie aéronautique.

atelier_hydravion_reduite

D'emblée il me faut reconnaître qu'entre les deux fois 50-60 minutes du trajet automobile et les 3 bonnes heures de la visite proprement dite, ça fait une « belle promenade » qui vous bouffe pour ainsi dire la quasi totalité d'une journée... Mais bon ! J'adore faire ce pèlerinage au moins une fois l'an, cela depuis les années 65-66, alors que ce musée cachait ses merveilles rue des vertugadins à Meudon, près d'une soufflerie aérodynamique (de l'ONERA – si je me souviens bien), dans un petit hangar où tout était incroyablement entassé, pèle-mêle, comme dans une boutique de brocanteur...

Pour en revenir à ma visite-2010 des réserves, j'en suis ressortis passablement attristé de voir (et de photographier) bon nombre de ces mythiques machines apparemment stockées en vrac sous de vieux hangars poussiéreux ou confiées au hasards climatiques sur le tarmacadam de l'ancienne base de Dugny. En effet c'est une vraie pitié que de constater le triste état de dégradation de beaucoup de ces « gros » avions lentement détériorés par les rigueurs climatiques, car dans l'ensemble sur l'exposition du tarmac, on a véritablement l'impression de visiter un cimetière d'avions éclopés plutôt que les réserves d'une de plus riches collection au monde.

Je me doute bien que ce triste état des choses n'est peut-être pas la faute des actuels gestionnaires du musée qui d'ailleurs semblent faire beaucoup d'efforts pour restaurer chaque année un peu plus de nouvelles machines ; quoique je reste persuadé que tous ces beaux avions en voie de pourrissement sur les parkings pourraient être mieux préservés s'ils étaient démontés et mis par exemple en cocon ou dans de bonnes caisses bien solides qui de ce fait faciliteraient leur stockage sous abris...

Enfin, sur le front des restaurations en cours, la présence à Dugny de plusieurs associations de bénévoles (en majorité d'anciens professionnels de l'aéronautique civile ou militaire) constitue en soi une excellente nouvelle, et c'est une grande joie que d'entendre ces passionnés vous détailler avec moultes anecdotes leurs divers travaux d'investigations techniques sur les machines historiques qui leur sont confiées par le musée.

Posté par cockpit à 20:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

09 septembre 2010

CHINE - Technologie végétale (Bambou)

En marge de l'exposition universelle de Shanghai, il est encore temps (jusqu'au 19 sept.) de visiter à Paris (Fondation EDF de Paris) une formidable exposition des technologies végétales traditionnelles de la Chine rurale.

Il est aussi possible d'avoir un aperçu de l'exposition de cette collection d'objets exceptionnels sur le web au lien ci-dessous :

expo_edf_chine


Posté par cockpit à 14:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02 septembre 2010

La face cachée du pétrole

Arte_petrole2

Posté par cockpit à 18:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,